Archeology

Une blessure de lance dans la grotte de Shanidar révèle la plus ancienne attaque par arme en bois

Un trou de 15 millimètres dans une omoplate néandertalienne vieille de 75 000 ans témoigne d'un coup fatal porté à travers la poitrine.

Par Giovanni Sapere
3 min de lectureHuman-Edited, AI-Assisted

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Une blessure de lance dans la grotte de Shanidar révèle la plus ancienne attaque par arme en bois
Photo: Anna Khromova / Unsplash

Un squelette néandertalien vieux de 75 000 ans découvert au Kurdistan irakien porte ce qui pourrait être la plus ancienne preuve fossile de violence mortelle infligée par une lance en bois. Exhumée sous près de huit mètres de roche et de sédiments, l'omoplate gauche de l'individu connu sous le nom de Shanidar A conserve une perforation circulaire nette dirigée à travers la poitrine. Cette découverte, rapportée dans Scientific Reports, suggère que les premiers hominines utilisaient des projectiles en bois pointus non seulement pour chasser le gros gibier, mais aussi dans des conflits interpersonnels mortels.

Un trou de 15 millimètres dans un os délicat

Des archéologues de l'Université de Cambridge ont récupéré l'omoplate gauche intacte dans une grotte du Kurdistan irakien. Les omoplates sont remarquablement fragiles, avec des sections si fines que la lumière les traverse, et pourtant cet os a survécu environ 75 000 ans sous de lourds débris. Près de son centre se trouve une ouverture ronde de 15 millimètres de diamètre, décrite par les chercheurs dans une étude rapportée par ScienceDaily.

La forme circulaire a immédiatement fourni aux chercheurs un indice diagnostique. Les armes à pointe de silex ou de pierre taillée produisent des fractures angulaires et déchiquetées. À l'inverse, une pointe conique lissée en bois laisse une perforation ronde. La blessure présente des bords biseautés typiques d'un point de sortie, tandis que des fragments d'os déplacés montrent que l'arme a frappé de face, selon un angle descendant à travers la cavité thoracique, et est ressortie par l'arrière de l'épaule.

« Il est extraordinaire de disposer d'une omoplate parfaitement conservée vieille de 75 000 ans. Ces os sont si fins qu'on n'obtient souvent pas d'omoplates complètes dans les sépultures modernes. »

— Dre Emma Pomeroy, département d'archéologie, Université de Cambridge

Menuiserie préhistorique et balistique

La mécanique de la blessure concorde avec l'invention préhistorique de lances en bois aérodynamiques. Les matières organiques se décomposent rapidement dans le sol, laissant peu de traces de menuiserie paléolithique, mais de rares sites gorgés d'eau confirment que les hominines maîtrisaient des techniques de travail du bois sophistiquées bien avant la mort de Shanidar A, ce qui souligne l'ingéniosité de l'ancien inventeur. Des fouilles menées dans les années 1990 à Schöningen, en Allemagne, ont livré des lances en bois âgées d'environ 200 000 ans, façonnées comme des javelots athlétiques modernes — un premier prototype aérodynamique — et mesurant plus de deux mètres de long. Une pointe de lance en bois arrondie encore plus ancienne, trouvée en 1911 à Clacton-on-Sea au Royaume-Uni, remonte à plus de 400 000 ans.

Selon l'auteure principale de l'étude, la Dre Emma Pomeroy, du département d'archéologie de Cambridge, la reconstitution des impacts avec des répliques de ces armes reproduit exactement les dommages observés sur Shanidar A. La blessure suggère que cette innovation dans la fabrication d'armes s'étendait au-delà de l'Europe jusqu'au Moyen-Orient préhistorique, dotant les groupes néandertaliens d'outils de chasse efficaces pouvant aussi servir d'armes, des millénaires avant qu'un brevet formel ne puisse documenter de telles avancées techniques.

Violence interpersonnelle ou accident de chasse

La trajectoire du coup indique que l'arme a transpercé un poumon et de gros vaisseaux sanguins avant de ressortir par le dos, un impact qui aurait provoqué une mort rapide par hémorragie. Les chercheurs soupçonnent un tir ciblé au cœur. La chasse de près à de grands herbivores du Pléistocène comme les mammouths comportait de graves risques physiques, et des coups accidentels pouvaient survenir lors de rencontres chaotiques. Toutefois, l'angle descendant et la force de la pénétration à travers le torse suggèrent un coup intentionnel dirigé contre l'individu.

Shanidar A n'en était pas à son premier traumatisme physique. Des analyses antérieures ont révélé que le même individu avait survécu des années plus tôt à une grave blessure au visage, une condition qui l'avait laissé diminué et dépendant de son groupe social pour ses soins. Alors que les découvertes précédentes dans la grotte avaient mis en lumière la compassion et le soutien à la survie des Néandertaliens, cette perforation mortelle expose les risques violents auxquels les hominines étaient confrontés au sein de leurs communautés élargies.

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